Pierre frédéric HUAULT
Né le 13 mars 1808 à Chinon
Décédé le 13 juin 1874
Marié avec Marie VIAU
Née à Ligré le 18 avrtil 1806
décédée en 1887

(Extrait des mémoires de Fortuné VIAU de 1708 à1852)

 
     Ma soeur (MarieVIAU), alors, avait une chambre chez Monsieur Desaunay, pâtissier, c'était une maison très agréable, il y avait table ouverte pour les amis et ils étaient nombreux.
     Il y avait là un jeune homme (Pierre-Frédéric HUAULT) beau de stature qui avait de beaux yeux mais d'un feu sombre, et se dérobant ; la bouche africaine, des cheveux droits, gros, et noirs ; il avait du quitter les bancs du collège à quinze ans pour s'occuper de la maison de son père boulanger et venant de mourir. Il avait une soeur plus jeune que lui de cinq ans et sa mère.
     Bientôt cette dame quitta son industrie ; le jeune homme voyagea quelque temps puis il revint à Chinon, où, faute de mieux, il aidait Monsieur Desaunay. Frédéric Huault avait alors 19 ans. Je l'avais remarqué une seule fois, il y avait environ 4 ans, prenant une leçon d'armes, j'eus pour lui promptement une vive amitié, et ce fut avec plaisir que j'appris qu'il allait devenir mon beau-frère.
     Ce mariage eut lieu en 1827. Mon frère et Mme Godin, sa belle-mère, moi et Clémentine, charmante enfant, premier-né de mon frère, très précoce, nous partimes de Mer dans une charrette couverte avec force provisions, paille pour s'étendre à son aise mon frère et moi conduisions alternativement. Nous fimes nos trente-deux lieues en trois étapes : charmante façon de voyager, puis autre délice, huit jours de doux loisir, mieux que cela , de noce... Les mariés nous accompagnèrent au retour, toujours dans la même charrette. Ils n'étaient pas encore fixés sur la ville qu'ils habiteraient, ils se décidèrent pour Loudun. Il y avait déjà là un pâtissier, mais, où n'en trouverait-on pas ? Il est à peu près sûr qu'il n'y en ait pas besoin.
     Ils s'installèrent à Loudun. J'y allai moi-même 7 mois après leur mariage. C'était un bon ménage, pourtant ils n'étaient pas heureux dans leur établissement : la vente n'était suffisante que pour faire les frais du ménage ; ils étaient en perte de fournitures, et, comme dans cette industrie la vente représente le double du prix de revient, il s'en suit qu'ils ne gagnaient que la moitié de leurs frais.


Pierre Frédéric HUAULT




Marie VIAU, Soeur de Fortuné VIAU peintre portraitiste
 et auteur des premières mémoires sur la famille

(Deux toiles de Fortuné VIAU)